Monsieur le Préfet,

Par la présente je souhaite porter à votre connaissance une succession de faits sur la ville d’Yerres qui m’amène à penser que la mairie se rend coupable de harcèlement et d’abus de pouvoir à l’encontre d’un couple de commerçants Yerrois.

Ces commerçants possèdent une quincaillerie située sur le rond-point Pasteur à Yerres. Ce magasin très utile à la population est localisé au rez-de-chaussée d’une construction en R+1 et les quincaillers habitent en famille au-dessus du magasin et ce depuis plus de 11 ans.

En 2013, un opérateur téléphonique a démarché les commerçants afin de leur proposer l’implantation d’une antenne de relais téléphonique sur leur bâtiment. Ils ont accepté, d’autant que pour de petits commerçants, le complément financier qu’apporte une telle implantation peut devenir un complément indispensable à la survie de l’activité commerciale.

Une déclaration préalable a été déposée par l’opérateur auprès du service de l’urbanisme de la ville. (DP 916911316164 déposé le 24/12/13). Cette DP a été refusée par la mairie le 8 janvier 2014 tout comme la seconde DP refusée le 7 mai 2014. Des recours ont été déposés par l’opérateur à l’encontre de ces décisions. Le TA de Versailles a suspendu ces 2 arrêtés puis les a annulés définitivement au fond et a condamné la ville.

Après plus d’une année de procédure, l’opérateur s’est vu enfin accorder cette autorisation. En effet, même si les élus peuvent regretter le manque de règlementation concernant les implantations d’antennes relais, ils ne peuvent, si l’antenne respecte les règles du code de l’urbanisme, en interdire l’implantation (sauf à proximité peut-être d’établissement public avec des enfants par principe de précaution). Cette situation a fait reculer de plusieurs mois la date de versement de la redevance aux commerçants leur portant une première fois préjudice.

Par une lettre en date du 11 février 2015, la mairie écrit aux riverains du rond-point Pasteur et fait boiter cette lettre qui expose la situation juridique, indique l’impuissance de la ville et incite clairement la population à se mobiliser pour empêcher cette implantation légale « seule désormais, une nécessaire mobilisation citoyenne pourrait faire évoluer le projet d’implantation ». Dans cette lettre, les quincaillers sont explicitement ciblés et nommés « concernant l’installation future d’une antenne Free sur la maison du quincaillier », les jetant par le fait à la vindicte populaire. Cette lettre invitait les habitants à une réunion le samedi 14 février à 10h30 en mairie annexe pour lancer cette mobilisation. La mairie est donc l’instigateur d’une initiative qui se revendique comme citoyenne indépendante et met à leur disposition des locaux municipaux et participe également aux réunions.

Par la suite, un collectif a vu le jour contre l’implantation de l’antenne et il a distribué un tract dans les boites à lettres et placardé sur du mobilier urbain des affichettes.

Une seconde lettre du 17 février a été distribuée aux habitants pour les inviter à une nouvelle réunion le 7 mars à 11h30 au self de l’école du Taillis avec les acteurs politiques de la ville et pour présenter le collectif récemment créé.

Puis une troisième lettre à l’en-tête de la mairie en date du 10 mars 2015 a été de nouveau distribuée aux riverains, invitant cette fois-ci à une manifestation « pacifique » sur le rond-point pasteur le samedi 14 mars 2015 à 11h pour laquelle la mairie a convié la presse. Cette manifestation s’est déroulée devant la mairie annexe sur le rond-point, avec un système de sonorisation et une prise de parole de Mr Nicolas Dupont-Aignan, en pleine campagne pour les élections départementales en présence du candidat DLF du canton Yerres-Brunoy.

Afin de ne pas attiser les tensions, les quincaillers ont fermé leur boutique au moment de la manifestation ce qui une nouvelle fois leur portait préjudice.

Lors de cette manifestation, le maire d’Yerres a pris la parole et a dit au micro qu’il fallait que les quincaillers ne soient pas égoïstes ni cupides et il a exhorté les participants à « faire une chaine humaine pour empêcher l’installation de l’antenne » ! Comment un maire peut-il pousser des habitants à commettre des actes illégaux.

Le 13 mars, afin d’essayer de rétablir une objectivité dans ce dossier et d’éviter que ces actions ne soient trop instrumentalisées, j’ai à mon tour distribué aux riverains une lettre. J’y rappelai le devoir d’un maire qui selon moi, devrait s’attacher à unir les habitants et non à les monter les uns contre les autres.

Puis le 29 avril 2015, la mairie a édité un « Flash info » récapitulatif des actions de la mairie sur l’implantation de l’antenne qui a été également distribué. Ce document est édifiant dans l’aveu assumé de faire tout pour empêcher une implantation pourtant légale (refuser le grutage pour l’antenne, refuser le branchement ERDF…). La municipalité est « décidée à ne pas céder et mettra tout en œuvre pour éviter l’implantation de l’antenne ». Jusqu’où le maire est-il donc prêt à aller ?

Après chacune des réunions organisées par la mairie, la quincaillerie a constaté plusieurs jours de baisse de fréquentation du magasin. Puis cela revenait petit à petit.

Enfin, la mairie a écrit une cinquième lettre le 26 mai 2015 et fait distribuer aux riverains pour les inviter à une nième réunion le 30 mai à 10h au Self de l’école du Taillis et à un rassemblement  à 11h30 le même jour au rond-point. Le groupe de manifestants d’environ 20 personnes a fait trois fois le tour du giratoire en empêchant les voitures de circuler avec banderole et pancartes.

En parallèle de l’enchainement de toutes ces réunions et manifestations, les travaux pour l’installation de l’antenne ont débuté le 1er avril.  Juste après le début des travaux, la police municipale est venue voir les commerçants et leurs a demandé s’ils avaient une autorisation d’occupation du domaine public pour mettre les fleurs en exposition sur une petite partie du trottoir devant la boutique. Cela faisait plus de 11 ans et les anciens quincailliers également, que les fleurs étaient exposées à cet endroit. Pourquoi la ville a-t-elle missionnée sa police municipale justement à ce moment-là ? On peut légitimement se poser la question d’un harcèlement. Les commerçants ignorants qu’une telle autorisation était nécessaire, ont dû s’exécuter et rentrer leurs plantes.

Plus grave encore, le 28 avril une camionnette s’est garée sur la place de livraison, à proximité immédiate du commerce. Voyant que la camionnette ne bougeait pas, Madame Poveda a appelé la police municipale pour stationnement gênant. La femme de la PM qui a pris son appel a dit à l’annonce de son nom : «  ah ! Pour vous on a des consignes ! ». Suite à cet appel aucun agent de la PM n’est passé. Le lendemain la camionnette était toujours garée. Mme Poveda a appelé la Police Nationale. La camionnette a été déplacée. Mais quelle ne fut pas leur surprise de voir une benne prendre la place de la camionnette entourée de rubalise. Un arrêté municipal était scotché sur un poteau ; il expliquait les motifs d’installation de la benne par la ville : pour entreposer des déchets verts et sa durée : du 29 avril au 15 mai.

Cette benne est restée jusqu’au 18 mai et il a été constaté qu’elle n’a jamais été remplie, alors que les services municipaux d’entretien des espaces verts ont nettoyé les espaces verts du rond-point et ont emportés leurs déchets durant cette même période ! Mais le plus grave est que j’ai reconnu la camionnette qui avait été photographiée et que c’est la camionnette personnelle d’un agent de la ville. Je n’ose imaginer qu’il lui a été demandé de réserver la place de livraison jusqu’à l’implantation de la benne le 29 avril. Ce serait très grave.

Après le début des travaux, le collectif s’est mobilisé le 3 avril à 8h du matin afin d’essayer d’empêcher l’entreprise de l’opérateur de continuer les travaux. A cette manifestation étaient présents plusieurs élus de la ville. La police nationale (Commandant Berger) est venue voir les motifs de la manifestation et après lecture du jugement n’a pu que constater qu’il n’y  avait aucune raison  d’empêcher ces travaux. L’antenne est à présent installée sur le pignon du bâtiment de la quincaillerie.

Pour finir cet édifiant récit, lors de la réunion du conseil du quartier du Taillis du 5 juin dernier à 19h, Monsieur le Maire a dit devant les habitants réunis qu’il fallait « boycotter la quincaillerie » et ne plus aller acheter chez eux. La réunion publique du conseil de quartier du Taillis avait explicitement pour thème principal « « Non à l’antenne relais au rond-point Pasteur ! » et cette réunion a été enregistrée. Cette déclaration de la part d’un député-maire est tout bonnement inacceptable et révélatrice des méthodes utilisées. Ces méthodes relèves d’abus de pouvoir récurrents et d’utilisations abusives des moyens municipaux. Qui a payé toutes ces dépenses de tracts, d’organisation des salles, de distribution, d’implantation d’une benne au service d’un harcèlement caractérisé : les yerrois !

Un article est paru dans le Parisien en date du 8 juin et le maire y fait une déclaration pour dire qu’il avait constaté des fissures sur le pignon et qu’il envisageait de prendre un arrêté de péril ! Le harcèlement continu.

La préfecture de l’Essonne est le représentant de l’Etat dans notre département et je vous demande de bien vouloir considérer avec tout le sérieux que la situation impose, ces évènements. Un élu de la république a des devoirs et le premier est de respecter les lois et règlements, même s’il considère qu’ils ne sont pas bons.

    Une réponse à “Antenne relais de Pasteur : Lettre au préfet”

    1. bonjour
      les réactions ci-dessus sont inacceptables d’un député maire qui, à ce jour a rendu yerres très agréable mais qui semble prendre la grosse tête et effectivement utiliser de l’argent public, des employés municipaux et des locaux payés par les tous les habitants y compris Mr et Mme POVEDA. C’est un comble j’habite le quartier rue julien et pour une fois que nous avons un commerce, il serait dommage que sur des rivalités d’une minorité (20 personnes) nous ayons a subir cela.

      sinson patrick,
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